CAN TOTAL ENERGIES MAROC 2025. Le sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun a épuré son effectif des joueurs âgés, déclarés cadres, pour donner la place aux moins âgés jugés sans expérience. Et pour le premier match de sa CAN il a pris observateurs avertis et adversaires au dépourvu; une organisation qui a asphyxié le Gabon (1-0) au Grand Stade d’Agadir le 24 décembre 2025.
Affecté à Salapoumbe, une localité située à plus de 800 kilomètres de Yaoundé par le Ministre des Sports, pour y exercer sa profession d’enseignant d’Education Physique et Sportive au moment du pic de la crise qui a secoué la fecafoot, David Pagou va choisir d’être fidèle à la Fédération, même s’il devait perdre son statut de fonctionnaire. Il est finalement choisi comme un des adjoints de Marc Brys, dans le staff consensuel, où il occupe le poste de premier adjoint. Le sélectionneur Belge n’a pas son temps, lui qui préfère travailler avec un assistant le Congolais Joachim Mununga.
Vint alors l’Assemblée générale de la fecafoot du 29 novembre 2025, qui a offert un deuxième mandat de quatre ans, à Samuel Eto’o, à qui le Comité exécutif va donner l’onction pour la nomination d’un nouveau sélectionneur. Le choix est vite fait, David Pagou est confirmé, pas plus comme adjoint, mais comme le numéro 1 du banc de touche des Lions Indomptables du Cameroun.
Dans la foulée, il va envoyer une liste de 28 joueurs à la CAF, pour la CAN TOTAL ENERGIES MAROC 2025 qui pointe à l’horizon. Des choix qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, à cause de l’absence de certains noms comme Vincent Aboubakar et Maxime Choupo-Moting, présents, dans la tanière depuis 15 ans, ou encore André Onana et autre Ngandeu Ngandui, que les observateurs ont qualifiés de cadres.
Le masque et la déroute comme outils pour barrer la voie aux spéculations
Alors que David Pagou pense avoir mis dans sa liste des éléments complets d’un puzzle, il va voir annoncer deux défections ; Fidèle Brice Ambina et Jean Charles Casteletto. Pourtant annoncés blessés, un d’eux, Jean Charles, sera aperçu aux entraînements avec son club quelques jours plus tard. David Pagou ne spécule pas. Il appelle un joueur qu’il connaît bien, l’ancien joueur de l’Union de Douala et de Coton Sport de Garoua, le défenseur central Junior Che Malone en complément d’effectif.
Une semaine seulement sépare l’arrivée des joueurs dans la tanière et le début de la CAN. Pagou annonce un adversaire de premier rang, le Wydad de Casablanca, alors qu’il a une équipe de 4ème rang RCA Zemamra, qu’il demande à affronter à hui-clos. Sans objectifs de cameras ni regards d’analystes, le technicien fait un match nul (1-1) qui interroge. La stratégie est en marche. Mieux, il annonce trois joueurs sur la liste des capitaines potentiels, et anime les débats sur les médias. Davis EPASSY, Christian Bassogog et Nouhou Tolo, sont désignés sans qu’un ordre ne soit établi. On pense alors que le gardien de 32 ans, ( aîné de la tanière), ou alors Christian Bassogog, 30 ans et seul rescapé de la victoire finale de 2017 au Gabon, sont favoris. Le choix de David Pagou est encore déroutant : c’est Nouhou Tolo, le défenseur latéral gauche de 28 ans qui sera le premier capitaine de l’ère Pagou.

Nouhou Tolo, nouveau capitaine des Lions Indomptables
Les classements probables, les joueurs classés par rapport à leurs clubs, c’est fini!
Dans la tanière, il y a des joueurs comme Christopher Wooh du Spartak de Moscou ou encore Gervinho Nyamsi du Locomotiv de Moscou, mais David Pagou choisi de titulariser Che MALONE Junior et Samuel Junior Kotto, des joueurs qu’il a connus en championnat d’élite au Cameroun, et dont il connaît le potentiel.
Le Capitanat est de retour chez les joueurs ayant un lien étroit avec le peuple ( Hemle), et la confiance est donnée aux joueurs ( jeunes, selon ses propres termes), qui ont été moulés dans une atmosphère de résilience des championnats locaux, outils par excellence de création d’un mental d’acier ( le Hemle ), avant de s’expatrier.
En ouverture de sa CAN, David Pagou reste fidèle à son 3-4-2-1, avec Che MALONE Junior, Samuel Junior KOTTO, et Nouhou TOLO comme défenseurs centraux. Les trois se relaient comme des morts de faim, pour neutraliser la bande à Pierre Emeric Aubameyang qui va perdre (0-1), sur un but marqué à ma 6ème minute par un autre novice, Karl ETTA EYONG qui marquait son premier but en sélection.
Les cadres partis, les autres doivent montrer l’envie à chaque entrainement pour espérer une place de titulaire
Le sélectionneur du Cameroun a opéré des choix qui enseignent et renseignent sur ce que les observateurs appellent l’ère Pagou. Ceux que la presse qualifiaient de cadres, David Pagou les a considérés comme des sénateurs qui n’ont place qu’à l’hémicycle de la Chambre haute, celle des joueurs invités ( ou forcés) à prendre leurs retraites internationales.
Entre sa nomination et son premier match officiel, le sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun de football vient d’écrire, à l’entrée de la tanière, et en lettres CAPITALES, une règle propre au Président de la Fédération : “Personne n’a sa place assurée à l’équipe nationale du Cameroun”
David Eyengue, envoyé spécial au Maroc
