Corona virus. Le ministre de la santé publique a ordonné la fermeture de la polyclinique Marie O de Douala sur la base d’une défiance de ses responsables qui disent n’avoir pas reçu la demande à temps.

Depuis la fermeture de la polyclinique Marie O de Douala le 14 mai 2020 pour cause de non-respect de la loi qui autorisait certaines formations à s’occuper des malades du covid 19, le Dr Ngoulla ne s’est pas prononcé. Le promoteur de l’institution hospitalière a simplement, selon un de ses collaborateurs, envoyé une lettre au ministre de la santé publique, via le préfet du Wouri, pour un recours gracieux. Toutefois, ni ce collaborateur qui s’est ouvert à nous, ni les 110 autres employés congédiés par la décision de fermeture ne comprennent pas la décision du ministre, si ce n’est une faille dans la transmission des correspondances comme il nous le fait savoir : « Le ministre de la santé a écrit au promoteur de la polyclinique sous le couvert du préfet du Wouri, le 6 mai, une note dans laquelle il donnait 72 heures pour répondre. Pour cette lettre, était mis en copie l’ordre des médecins. Lequel ordre envoie aussi une demande d’explications au Dr Ngoulla le 8 mai à laquelle réponse est donnée le 11. Le 13, nous recevons trois visites : le syndicat des médecins du privé, l’ordre national des médecins et la délégation régionale de la santé publique du Littoral qui nous ont interrogé sur la facture qui circulait dans les réseau sociaux, et l’incident survenu à la polyclinique sur la mort du sieur Nyamsi. Nous sommes surpris que ce soit le préfet du Wouri qui n’a pas transmis la lettre, qui est encore commis pour venir fermer la clinique ».

D’autres raisons de la fermeture, comme la facture jugée énorme d’un patient de nationalité Libanaise ont certainement convaincu le ministre de la santé publique sur sa décision. Ce que le collaborateur du Dr Ngoulla rejette : «  Pour ce qui est de la facture du patient  Ellom Allam William de nationalité Libanaise, c’est la communauté Libanaise qui a payé la facture en nous remerciant d’avoir sauvé cette vie-là. Sans le plateau technique de notre clinique, ils auraient simplement eu recours à une évacuation sanitaire chez eux au Liban ou ailleurs, avec tous les frais que cela importe. Pour les malades qui ont été obligés d’être transférés, un d’eux qui était sous assistance respiratoire depuis 72 heures chez nous est décédé le soir de son transfert. Jusqu’ici, nous ne comprenons pas qu’on empêche aux gens de sauver des vies, sous le prétexte des centres spéciaux agréés ». Et sur la supposée arrestation du promoteur de la polyclinique Marie O, notre interlocuteur est ferme : « Le Dr Roger Ngoulla est bel et bien libre, malgré l’annonce insistante de certains sur les réseaux sociaux, annonce selon laquelle il est arrêté ». Il est à noter que plusieurs familles évitent maintenant d’emmener leurs malades dans les centres spéciaux retenus pour la lutte contre le covid 19, à cause de la mesure qui consiste à ne pas leur donner le corps au cas où il décède. Les cliniques privées sont donc les plus visitées, laissant un vide palpable dans les hôpitaux publics retenus.

David Eyenguè