Depuis l’arrivée du covid 19 et de l’annonce du premier cas dans notre pays, plusieurs mesures sont régulièrement annoncées pour lutter contre la pandémie. Après les 13 mesures gouvernementales du 17 mars dernier et les mesures barrières pour se protéger et protéger les autres, les Camerounais répondent à leur vitesse. Ils sont nombreux à vaquer tranquillement à leurs occupations, estimant que le conseil de rester à la maison est plutôt suicidaire pour la plupart qui vivent le lendemain, à la force du travail de la veille. Depuis la fin du confinement exigé aux voyageurs entrés au Cameroun le 17 mars, jour de fermeture des frontières, le nombre de malades détectés ne cesse de croître, et d’autres mesures de protection sont entrées en jeu, comme celle du port obligatoire du masque en milieu public. Ce lundi 13 avril 2020 était la date du début de cette mesure. On annonce des amendes de 6000 Fcfa pour défaut de masque, et de 2000 Fcfa pour tout détenteur de masque qui le garde en poche. Des amendes qui ont fait bouger quelques lignes.

Nous sommes au carrefour Ndokoti, au centre de la ville de Douala, lieu de rencontres de plusieurs chemins de travail des uns et des autres. Plusieurs femmes  qui vendent les masques de fabrication locale, y ont trouvé des petits espaces pour s’installer et accueillir des clients qui n’ont pas pu se procurer le précieux sésame, avant d’arriver au bureau. Gaétan est un vendeur de téléphones à Akwa et habite la zone de PK  9 : « Je n’étais pas intéressé par cette affaire de masque, avant qu’on annonce qu’il est obligatoire. Je suis obligé d’en prendre maintenant, parce que je veux éviter les problèmes avec la police. Il semble que cette maladie est venue leur donner l’occasion de ra-quêter les populations ». Patrick est un conducteur de moto-taxi, et dit le porter depuis des semaines : « Moi, je porte le masque depuis plus d’un mois. C’est plus pour me protéger de la poussière que pour la maladie. Les gens font leurs business et veulent entraîner les autres dedans. Ailleurs, ce sont les outils qui sont distribués par les gouvernements. Ici, on nous demande d’acheter. Où allons-nous prendre l’argent pour nous en procurer ? Notre gouvernement est chiche. Ils savent seulement annoncer les mesures de sanctions, jamais ils n’annoncent qu’ils vont s’occuper du peuple en lui offrant quelque chose. Le Corona virus n’est pas plus dangereux que la pauvreté. Il faut que notre gouvernement commence d’abord par traiter cette grave maladie qu’est la pauvreté ».

Si l’on a remarqué que bon nombre de Camerounais ont porté des masques, ils le font pour montrer qu’ils l’ont,  pour éviter les problèmes annoncés, pas pour se protéger comme le suggère la mesure barrière. Ils le portent soit au cou, soit au front, soit sur le menton ou même simplement en main comme un brassard.

David Eyenguè