Gertrude Keegoui. Après plus de 11 ans d’études en Russie, cette Camerounaise de 36 ans revient au pays avec un doctorat en Agronomie et veut mettre sur pied un projet.

 

 Comment se sent-on quand on vient de boucler une trentaine d’années d’études couronnées par la plus haute distinction estudiantine de son domaine

 Je dirais qu’on se sent tout d’abord soulagée car les choses sont allées très vite pendant ces derniers mois, trop de pressions, ensuite on se sent fière d’avoir pu réaliser ce rêve (car j’ai toujours voulu aller le plus loin possible dans les études) qui n’a pas été facile du tout vu mon parcours. Et, enfin on appréhende un peu la suite car il faut prendre à ce moment des bonnes décisions

Dans votre thème, il y a  Basse Volga qui ressemble à Haute Volta qui renvoie plus au Burkina Faso et pas au Cameroun ou l’Afrique Centrale qui sied mieux à notre époque. C’est où Basse Volga ?

 La basse Volga et non la haute -volta, c’est une banlieue de la ville dénommée Astrakan située au sud de la Russie, là-bas les températures sont semblables à celles de certaines régions du Cameroun. Les légumes et autres cultures sont cultivés sur sol ouvert tout comme au Cameroun.

Quand vous êtes arrivée en Russie et que vous avez opté pour l’agronomie, c’était pour trouver du travail décent là-bas ou aller au bout pour revenir au Cameroun ?

J’ai opté pour l’agronomie tout d’abord pour être indépendante ; c’est-à dire travailler pour mon propre compte au Cameroun. C’est l’une des filières où l’on peut exceller, pas besoin forcément d’être un employé quelque part.

Vous êtes passée par des petits boulots comme ménagère pour suivre votre histoire. On doit imaginer que la route a été extrêmement longue ?

Oh oui , la route a été très longue, beaucoup de sacrifices ont été faits pour arriver à ce niveau, mais Dieu a toujours été là. Ces sacrifices n’ont pas été vains.

C’était quoi la plus grosse difficulté

Les difficultés étaient grandes les unes comme les autres et se valaient.  Néanmoins la plus grosse difficulté était celle de payer la scolarité à une certaine période.

 Des personnes à qui vous voulez dédier ces longues années d’études ?

En tant que chrétienne, je commencerai à remercier Dieu pour la vie et la santé,sans lesquelles je ne dédierais rien à personne aujourd’hui.

Bon tout d’abord je dédie ces années d’études à ma famille. Certains m’ont aidée financièrement, d’autres ont gardé mes enfants restés au pays.

What next, la prochaine étape ?

Il est temps de se mettre au boulot, se lancer à l’emploi.

 Un Docteur en Agronomie, c’est de l’or pour un pays comme le Cameroun ou pas?

Un Docteur en Agronomie c’est de l’or pour tout pays en général et pour le Cameroun en particulier quand nous savons que le développement d’un pays passe par son économie or le secteur agricole occupe la 2ème place de l’économie nationale après le pétrole.

Propos recueillis par David Eyenguè